Objet : En réponse à votre question : « Qu’est-ce qui, selon vous, pourrait inciter les politiciens à effectuer un vrai virage vert? »
Monsieur Languirand,
Je crois que lorsque suffisamment d'électeurs blasés de l’image factice verte des partis dominants voteront par exemple pour le "Parti Vert", disons à 20%, alors les politiciens vont réaliser l'importance réelle du virage vert. Aujourd’hui, tous les partis politiques tentent de se donner une image verte, mais cette image est plutôt une façade qui cache toujours le spectre de la croissance économique à tout prix. Il faudra que les consommateurs électeurs changent leurs valeurs et soient prêts à moins consommer et vivre de façon responsable envers l’environnement avant que les politiciens nous écoutent. Les gens ont de beaux discours, mais combien ne se privent pas en surconsommant, notre mode de vie n’est tout simplement pas en harmonie avec l’environnement. Les dommages infligés à l’environnement n’ont pas de valeur économique suffisante en dollars, les conséquences à long terme ne sont pas tenues en compte dans notre économie de marché. Sur ce dernier point, les dirigeants de ce monde devraient agir et imposer des limitations probablement impopulaires pour assurer la viabilité à long terme de notre milieu. Mais « Impopulaire » et « long terme » sont malheureusement deux termes incompatibles avec notre système démocratique.
À mon avis, consommation égale pollution, fabrication égale dépense d’énergie et tant que la consommation non responsable sera au cœur de la croissance économique, aucun politicien ne prendra vraiment le virage vert. C’est un mode de vie à changer. Le tourisme de masse en avion pollue, les véhicules sport utilitaires polluent davantage que les compacts ou le transport en commun, mais les individus optent pour des choix polluants en ne croyant pas que leur effort individuel vaille la peine ou en étant tout simplement pas conscient de leur impact sur l’environnement.
Il faudra que les citoyens changent et que le système démocratique change sinon nous devrons attendre que l’océan monte de 20 cm, que la température augmente de 3°C, que les gaz polluant : ozone au sol, hydrocarbures imbrûlés, oxyde d’azote, souffre tuent des gens au point d’engorger définitivement le système de santé, que les poissons infectés de mercure nous rendent dément en quelques semaines, que tous les produits chimiques que l’industrie humaine synthétise nous rendent malade ou cancéreux dans des proportions dramatiques.
Où est l’instinct de survie de la nature humaine ? Heureusement des penseurs de ce monde abordent le sujet, le développent et le font connaître. Je vous admire messieurs dames Jacques Languirand, Laure Waridel, Hubert Reeves, David Suzuki et autres acteurs bénéfiques pour notre société.
Acceptez mes plus sincères salutations,
Dominique Matte
LaSalle