Le bombardement de Caen, un “crime de guerre”?

Jusqu’où un auteur peut-il aller pour assurer la promotion de son nouveau livre ? En fait, cela dépend : si c’est un romancier, on se dit qu’il a tous les droits puisque la fiction est par excellence le lieu de la liberté de l’esprit ; mais si c’est un historien, alors il est tenu à une rigueur et une déontologie... afficher plus Jusqu’où un auteur peut-il aller pour assurer la promotion de son nouveau livre ? En fait, cela dépend : si c’est un romancier, on se dit qu’il a tous les droits puisque la fiction est par excellence le lieu de la liberté de l’esprit ; mais si c’est un historien, alors il est tenu à une rigueur et une déontologie qui lui fixent des limites. Or certains historiens britanniques estiment que l’un des leurs, et des plus fameux, Anthony Beevor, vient de franchir la ligne jaune. Il a en effet déclaré dans une émission historique de la BBC que lors du débarquement, la RAF avait détruit Caen sous un tapis de bombes de manière “stupide et contre-productive”, stragégie qu’il juge “tout près du crime de guerre”. Rien de moins.

Cela n’aurait peut-être pas tant choqué ses confrères si Beevor, auteur de récits historiques à succès sur la bataille de Stalingrad et la chute de Berlin (en France aux éditions de Fallois), ne lançait sa… bombe au moment de publier son nouveau livre D-Day: The Battle for Normandy, et si celui-ci ne paraissait à la veille du 65 ème anniversaire du Débarquement.

Les forces allemandes ayant reçu l’ordre de tenir la capitale du Calvados, le 7 juillet 1944, des bombardiers Lancaster et Halifax larguèrent 2500 tonnes de bombes sur les faubourgs nord de Caen. Comme cela n’avait pas suffi à la dégager complètement de ses occupants, l’état-major britannique lança le 18 juillet l’opération Goodwood au cours de laquelle 7000 tonnes de bombes furent larguées et 250 000 obus tirés. La ville sera finalement libérée le 21 juillet. Mais elle ne sera plus que ruines, cendres et désolation (ces images en témoignent). Les trois quarts de la ville avaient disparu. 2000 Caennais sont morts au cours de l’été 1944 et des milliers d’autres ont été blessés. Il fut dit et écrit, notamment par Eddy Florentin dans Quand les Alliés bombardaient la France chez Perrin, que le tapis de bombes n’avait guère endommagé les installations militaires. Alors, “crime de guerre”, tel que défini par l’article 6 du statut du tribunal de Nuremberg, “violation grave des lois et coutumes de la guerre commise durant un conflit armé ” ?

Sources :
Le Monde
Mise à jour: Voici une liste de villes en France bombardées par les alliés, ou il y eu un grand de victimes civiles : Un bombardement particulièrement dur sur la gare de Boulogne/Billancourt, dans la nuit du 3 au 4 mars 1942, fait 623 morts et 1505 blessés. Le suivant, le 17 octobre 1942, sur l'usine Schneider du... afficher plus Voici une liste de villes en France bombardées par les alliés, ou il y eu un grand de victimes civiles :

Un bombardement particulièrement
dur sur la gare de Boulogne/Billancourt, dans la nuit du 3 au 4 mars 1942,
fait 623 morts et 1505 blessés.

Le suivant, le 17 octobre 1942, sur l'usine Schneider du Creusot. 60 morts.

Un troisième, de la 8ème US Air Force, le 12 décembre 1942, sur la gare
de Rouen/Sotteville. 140 morts.

Mais les bombardements massifs se firent vraiment qu'à partir du printemps 1943,
quand commencent les attaques systématiques des Américains contre
les ports et les installations ferroviaires.

On compte 262 morts à Rouen/Sotteville le 8 mars 1943. 210 morts le 29 mai.

403 morts à Boulogne/Billancourt, le 4 avril 1943.

La nuit du 19 au 20 juin 1943, le RAF Bomber Command visite de nouveau
l'usine Schneider du Creusot. 280 morts.

Le 24 novembre 1943, la 15ème US Air Force vise la base de Toulon. 450 tués.
Mettre à jour 2: Nantes est sévèrement frappé deux fois par la 8ème US Air Force, les 16 et 23 septembre. 712 et 500 morts. En 1943, il y aura au total Page Rankings de 5500 morts français, dont la moitié pour le seul mois de septembre. Toutes les autres victimes tomberont au cours de l'année 1944, et particulièrement... afficher plus Nantes est sévèrement frappé deux fois par la 8ème US Air Force,
les 16 et 23 septembre. 712 et 500 morts.

En 1943, il y aura au total Page Rankings de 5500 morts français,
dont la moitié pour le seul mois de septembre.

Toutes les autres victimes tomberont au cours de l'année 1944,
et particulièrement en mai, lors des pilonnages intensifs de la 8ème
US Air Force contre les réseaux ferroviaires, l'opération Chattanooga
Choo-choo, qui Page Rankingé cédèrent le débarquement.

Meurtriers seront les raids des 25 et 26 mai.
Nice : 315
Saint-Etienne : 870
Chambéry : 300
Amiens : 385
Marseilles : 1976
Avignon : 380
Nîmes : 260

Rouen/Sotteville est touché à trois reprises: le 22 avril (850 morts),
et les 30 et 31 mai (1000 morts).
Mettre à jour 3: La région parisienne n'est pas épargnée par le RAF Bomber Command. Elle connaîtra ses nuits les plus noires les 18-19 avril (Paris/Juvisy), 464 tués. 20-21 avril (Paris /La Chapelle), 641 morts. Et 31 mai-1er juin (Trappes), 240 morts. Entre le 4 et le 10 septembre 1944 , la ville Le Havre fut détruite... afficher plus La région parisienne n'est pas épargnée par le RAF Bomber Command.
Elle connaîtra ses nuits les plus noires les 18-19 avril (Paris/Juvisy),
464 tués.

20-21 avril (Paris /La Chapelle), 641 morts. Et 31 mai-1er juin
(Trappes), 240 morts.

Entre le 4 et le 10 septembre 1944 , la ville Le Havre fut détruite à 85% . Elle reçut
12 000 tonnes de bombes en 152 bombardements qui firent plus de 5 000 morts parmi les civils et laissèrent 35 000 sinistrés complets et 65 000 sinistrés partiels.
Les Allemands compteront près de 600 tués, la plupart lors des bombardements, qui ont complètement désorganisé toute résistance cohérente. [...] »

La ville de Nice, le 26 mai 1944 bombardement de la gare Saint Roch Mardi 27 Mai 1944 à 22:56

Quatre groupes de bombardement du 47th Bomb Wing, équipé de 137 B-24
la gare de triage de Saint-Roch a été détruite
284 morts, 100 disparus, 480 blessés, 600 immeubles ont été détruits ou endommagés
Objectif : gare de triage Saint-Roch.
Mettre à jour 4: Région parisienne : Le bombardement allié du 24 juin 1944 à Versailles au matin, sur les installations ferroviaires de Versailles, est l’un des plus meurtriers de la région parisienne. Le bilan est très lourd car de nombreuses bombes frappent des habitations : plus de 250 morts et près de 400 blessés. La sirène... afficher plus Région parisienne :

Le bombardement allié du 24 juin 1944 à Versailles au matin, sur les installations ferroviaires de Versailles, est l’un des plus meurtriers de la région parisienne. Le bilan est très lourd car de nombreuses bombes frappent des habitations : plus de 250 morts et près de 400 blessés. La sirène d’alerte n’ayant pas fonctionné dit-on, les versaillais, surpris dans leurs occupations, furent tués sur place sans avoir pu rejoindre les abris de la Défense Passive.

Royan :
cibles précises : la pointe de Grave ou la forêt de la Coubre. Or, les 354 bombardiers de la RAF, passés en deux vagues, à 4h et 5h30 le 5 janvier 1945, ont détruit la ville de Royan à 85%, causant 600 morts et plusieurs centaines de blessés sur une population de 2 223 habitants.

Nantes :
En septembre 1943, Nantes connaît 1200 victimes des bombardements anglo-américains.

Saint Lô :
352 Manchois sont morts à Saint-Lô pendant les bombardements 6 et 7 juin 1944 dont 352 morts domiciliant à Saint Lô.
Mettre à jour 5: Lyon : Bombardement de Lyon le 26 mai 1944, par les Alliés faisant 717 morts civils lyonnais. Courbevoie : le bombardement de l'US Air Force qui se passa le 15 septembre à 1943 à 19h30 détruisait un certain nombre de bâtiments et fit un grand nombre de victimes dont une jeune fille de 20 ans retrouvée... afficher plus Lyon :
Bombardement de Lyon le 26 mai 1944, par les Alliés faisant 717 morts civils lyonnais.

Courbevoie :
le bombardement de l'US Air Force qui se passa le 15 septembre à 1943 à 19h30 détruisait un certain nombre de bâtiments et fit un grand nombre de victimes dont une jeune fille de 20 ans retrouvée morte devant le collège Alfred de Vigny qui fut une gymnaste médaillée du nom de Nathalie Nokovitch et elle habitait Courbevoie, rue Louis Ulbach. Elle était une résistante passive.
Une dame qui était jeune fille pendant la guerre, raconta qu'elle dina avec sa famille d'un repas composé de pommes de terre rissolées malgré la sirène qui retentissait mais il était trop tard, et cette famille s' accrochaient dans l'appartement sous les bombes qui sifflaient et explosaient ! Ils se mettaient à prier, trembler, à pleurer pensant que leur dernière heure était arrivée, mais ils eurent de la chance, ils furent épargnaient avec des dégâts dans l'appartement !
Mettre à jour 6: Fougères était victime de deux bombardements alliés le 6 et 9 juin 1944 qui avaient fait près de 300 morts.
Mettre à jour 7: Saint- Nazaire : Le centre ville de Saint-Nazaire est touché pour la première fois dans la nuit du 15 au 16 février 1942, la vie devient vite intenable pour les habitants qui comptent déjà 80 morts entre janvier et avril 1942. Le 9 novembre 1942 marque le début des bombardements américains en plein jour, avec des... afficher plus Saint- Nazaire :
Le centre ville de Saint-Nazaire est touché pour la première fois dans la nuit du 15 au 16 février 1942, la vie devient vite intenable pour les habitants qui comptent déjà 80 morts entre janvier et avril 1942. Le 9 novembre 1942 marque le début des bombardements américains en plein jour, avec des bombardiers lourds B17 et B24 qui larguent leur cargaison à haute altitude selon le principe du "tapis de bombes". Ce seul bombardement cause la mort de 186 personnes dont 134 jeunes apprentis des chantiers. Début 1943 les autorités civiles publient un plan d'évacuation de la ville. Dans la nuit du 28 février au 1er mars 1943 cette fois-ci ce ne sont plus les Américains mais 409 bombardiers anglais qui viennent pour raser la ville : ils larguent en effet des milliers de petites bombes incendiaires qui créent près de 600 foyers d'incendie. La population civile évacue la ville dans la première quinzaine de mars.
Mettre à jour 8: Trois autres bombardements incendiaires britanniques vont suivre jusqu'à début avril, avec l'utilisation de bombes à retardement pour gêner les secours. Les pompiers n'ont même plus d'eau… La ville n'est plus qu'un immense champ de ruines, vide d'habitants, au milieu duquel se dresse,... afficher plus Trois autres bombardements incendiaires britanniques vont suivre jusqu'à début avril, avec l'utilisation de bombes à retardement pour gêner les secours. Les pompiers n'ont même plus d'eau… La ville n'est plus qu'un immense champ de ruines, vide d'habitants, au milieu duquel se dresse, intacte, la silhouette massive de la base sous-marine.
Mettre à jour 9: @Michel : merci pour tes infos !
Mettre à jour 10: @Michel : merci pour tes infos !
14 réponses 14