Et si un état laïc avait pour devoir de définir et séparer le religieux du profane au quotidien?

Tout est parti de la question de @Def sur le "blasphème". La charte yayourtesque m'interdisant de mettre en lien des questions, je ne peux que vous inviter à utiliser la fonction "recherche" en y inscrivant: "Bonsoir. Considérez-vous le blasphème comme un crime?" Apparemment,... afficher plus Tout est parti de la question de @Def sur le "blasphème".
La charte yayourtesque m'interdisant de mettre en lien des questions, je ne peux que vous inviter à utiliser la fonction "recherche" en y inscrivant: "Bonsoir. Considérez-vous le blasphème comme un crime?" Apparemment, cette question a poursuivi son cheminement dans la tête de celles et ceux qui l'avaient lu car d'autres questions ont fleuri sur le sujet.

J'ai été étonnée d'y lire que laisser aux religions le soin de se définir elles-mêmes semblait ne poser de problème à personne... Pourtant, dans un état laïc, la définition du religieux et du profane devrait nécessairement être une priorité. Mais un flou artistique terrible est maintenu au nom du "respect des religions". (Pourtant, on constate tous les jours que seules les religions issues de la chrétienté sont respectables... Par exemple, nous disons encore communément "séparation de l'église et de l'état" ce qui exclue symboliquement les autres religions de la laïcité.)

En fait, définir clairement les "actes religieux", constitutionnellement parlant, signifie tout simplement: définir l'exercice religieux individuel au quotidien, c'est à dire comment les religions sacralisent et ritualisent l'existence des croyants au quotidien. Mais également (voire surtout!), ce qui ne fait pas partie du domaine sacré, donc clairement séparer le profane du religieux au quotidien (j'insiste!). Il ne s'agit pas d'interdire les lieux de prières... mais de définir clairement, en dehors des lieux de cultes, ce qui appartient au domaine spirituel ou ne lui appartient pas.

Mais laisser les religions définir seules leur sacralité est totalement incompatible d'avec un état laïc où seul l'état fait les lois... Comprenez-vous ce que je veux dire? Ce serait laisser aux institutions religieuses le soin de définir le champ d'action de l'état puisque si les religions définissent leur "sacré" c'est que l'état accepte, nécessairement, que sa définition du profane en découle. Ce qui reviendrait à dire que ce serait l'état qui aurait des comptes à rendre aux religions. Mais! Temps que cette définition n'est pas clairement établie, on peut dire que les citoyens pratiquants d'une religion (quelle qu'elle soit) appartiennent à une double législation (une réelle et une symbolique) qui peut parfaitement (et c'est bel et bien le cas!) être totalement moralement contradictoire...
Par exemple: tous les enfants vont à l'école laïque sans signe distinctif religieux MAIS selon les religions (peu importe laquelle), il est essentiel de baptiser les nouveaux-nés.

Personnellement, je pense que c'est un véritable souci qui ne permet pas de réelle démocratie. Ce vide-juridique laissé aux religions au nom de la tolérance fut une bonne chose pour la transition du début 1900, mais, depuis que les religions revendiquent le terrain de la "morale" (puisque les politiciens des années 1940 ont montré à quel point le politique était faillible et aisé à corrompre faisant sombrer l'idéal et l'utopie démocratique avec eux), c'est devenu une contradiction permanente pour la vie publique. Si l'affaire du voile pose autant de problèmes (en dehors de ses mensonges et grossières omissions: en particulier qu'aucune femme voilée n'ait jamais été invitée à témoigner) c'est parce que des gens ne portant pas le voile le trouvent "immoral" alors que ceux le portant le trouvent "moral"...

Qui peut trancher des questions de morales religieuses dans un état laïc?!
Normalement, en l'état actuel des choses, personne! Personne n'est habilité à trancher des questions de morales religieuses lorsqu'elles se mettent à concerner le "vivre ensemble": ni les religions, ni l'état.
Et que l'état l'ait fait montre bien que le "vide" laissé, juridique et moral, pose un très grave problème à la démocratie laïque et qu'il est urgent de le résoudre. On aurait tout de même pu souhaiter que ce problème ait été réfléchi, pensé et structuré dans sa globalité et non pas sur l'épiphénomène du voile qui n'a fait que des victimes sans apporter de solution.

Et vous, qu'en pensez-vous?
(C'est un peu long mais, s'il vous plaît, prenez le temps de tout lire avant de répondre, merci. Et je crains fort de ne pas avoir la place de faire des commentaires personnalisés. Je vous prie de m'en excuser par avance.)
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