bridget question posée dans Sciences et mathématiquesMathématiques · Il y a 1 mois

A trop vouloir simplifier, on en vient à ignorer la réalité dans ses détails signifiants ?

Mettre à jour:

Par exemple, si un "problème" trouve toujours une solution, c'est toujours la réponse la plus simple qui est retenue. En maths, à l'école, on nous apprend avant tout à réduire les expressions, les fractions, etc.

La solution 4 n'est jamais 2² ni 2,76 + 1,24 mais 4, etc.

Mettre à jour 2:

L'intérêt de la réduction comme de la simplication est évidente et donc incontournable. Cependant, comme elle est systématique, ne nous fait-elle pas oublier que le réel est complexe, et surtout que la diversité est non seulement partie intégrante de notre monde mais aussi essentielle dans ses "détails" ?

Mettre à jour 3:

@ Pour faire simple ^^ :

Pouvons-nous tout (les maths, la vie, les problèmes, la philo, etc.), j'ai bien dit TOU simplifier au risque de passer à côté de choses qui ne nous semblent pas essentielles (à première vue),

alors qu'en réalité elles le sont (le diable est dans les détails, lol) ?

Mettre à jour 5:

@ Tous : Cette question n'est pas à proprement parler scientifique mais elle ne m'a pas non plus semblé strictement philosophique, sociologique, psychologique, etc. Pour simplifier, Yahoo a séparé les catégories et pour simplifier on visite celles qui nous intéressent, mais il arrive que les questions ne soient pas si tranchées...

10 réponses

Évaluation
  • Il y a 1 mois
    Meilleure réponse

    Il y a un fossé énorme entre ce que nous pouvons formuler de ce que nous observons et ce que notre cerveau traite par intuition. Vous remarquerez que je ne me hasarde pas à parler du réel, lui préférant ce que nos sens perçoivent.

    1- L'observation :

    Notre mémoire immédiate est limitée, elle ne peut traiter que 6 à 7 informations à la fois. Cette limitation conduit le cerveau à faire un tri en ignorant certaines informations qui peuvent être énormes, du genre un frigidaire debout sur une voie d'autoroute qu'une voiture percute parce que l'automobiliste ne l'a pas absolument pas vu, pendant les longues secondes ou il lui fonçait dessus ! L'explication : Notre cerveau choisit, selon des critères statistiques, ce qui doit être filtré ou pas, ce qui doit être transmis ou non à la conscience. Le frigo en plein milieu de la route était tellement improbable que le cerveau a purement et simplement choisi d'éliminer l'information du champ de conscience de l'automobiliste.

    2- La formulation :

    La formulation, qui est souvent une reformulation, est destinée à ancrer en mémoire longue un souvenir, une information, ou des connaissances. Cette reformulation s'accompagne toujours d'une mise en cohérence de l'information, d'une mise en conformité à un mode de pensée, une croyance ou une théorie. Et, à nouveau, le cerveau largue les informations jugées incohérentes pour reconstituer un souvenir cohérent, donc à informations plus réduites. Le cerveau peut aussi agréger au souvenir d'autres informations qui "améliorent" le récit, en terme de cohérence mais aussi sur un plan esthétique (conformité à des canons qui peuvent être de tous ordres).

    3- L'intuition :

    Heureusement, l'intuition vient corriger cette tendance à simplifier, induite par la reformulation. L'intuition, qui n'a que faire du langage et de la mise en cohérence, est un outil sophistiqué et puissant qui permet de conserver une bonne partie de la richesse d'information, dans le domaine de l'inconscient. Et c'est bien cela qui donne aux humains, qui veulent en prendre la peine, la possibilité de remettre à l'ouvrage ce qu'ils ont pu simplifier de manière consciente.

    Conclusion, la simplification est le passage obligé pour partager des informations de manière consciente et collective. Cette simplification est compensée par notre intuition, qui permet de faire émerger une pensée issue exclusivement de notre inconscient. Notre inconscient, capable de mener des calculs statistiques et d'optimisation d'une grande complexité, traite un ensemble plus riche d'informations que celui sélectionné par voie consciente. J'ajoute que l'injonction éducative et sociale - le surmoi - paralyse souvent le recours à l'intuition de sorte que, globalement, on assiste à une uniformisation et une simplification outrancière des informations dans la pensée commune.

    • bridget
      Lv 7
      Il y a 4 semainesSignaler

      Merci SAINT MARC de l'intérêt que tu as porté à ma question, merci à tous, c'est toujours un plaisir de vous retrouver... Bonne journée !

  • Il y a 1 mois

    Dire qu'un problème trouve toujours une solution, c'est aller un peu vite en besogne !

    Il y en a quelques uns, célèbres, en mathématiques. Juste pour mémoire :

    https://www.superprof.fr/blog/problemes-du-millena...

    Et les théorèmes de Gödel qui démontrent que des propositions peuvent être à la fois non-démontrables et non-réfutables, on en fait quoi ?

    Passons... de façon plus générale, trouver toujours une solution à un problème consiste souvent à le simplifier, le schématiser pour le résoudre dans les limites de nos connaissances du moment. Les différents domaines de la physique, par exemple, ne sont faits que de cela.

    Ensuite, le choix de la solution la plus simple (ce qui en fait est rarement fait) ne serait que l'usage pragmatique du rasoir d'Ockham.

    En fait ce n'est pas la réponse nécessaire qui est simplifiée, c'est la question, pour  aboutir !

    Ce qu'on oublie dans certains domaines, c'est de ne pas tenir une réponse pour acquise définitivement, de l'ériger en dogme qui finit par se trouver en contradiction avec des éléments (des détails !) qui n'ont pas été retenus dans la formulation du problème. Poil à gratter ou caillou dans la chaussure, quand ça agace, il faut s'y remettre.

    En fait ce n'est pas le diable qui se cache dans les détails, c'est notre ignorance, notre conditionnement, nos a priori. Ce pauvre diable a bon dos :o)

    ... ou alors, si certains préfèrent, le diable est le maitre de notre ignorance !

    Et voilà... "le diable se cache-t-il dans les détails" n'est-il pas un bon exemple de problème dont la réponse choisie est conditionnée par un "détail", la prise en compte du diable ?

    .

    • Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes...

      Et une taupinière arrive pour eux à cacher la montagne !

      Le "diable" est malin (!), il sait gonfler les détails pour tromper son monde.

  • Il y a 1 mois

    Quand j'étais à l'IUT, on avait un très bon prof de mécanique. Il n'arrêtait jamais de nous dire :"Ne prenez jamais vos rêves pour la réalité, les gars". Il s'appelait Monsieur WIND et enseignait à l'IUT de Génie Mécanique à Paul Sabatier.

  • Il y a 1 mois

    Tu fais pas mal d'erreur et d'amalgames.

    Écrire 4 comme 2,64+1,36 n'a rien de complexe, mais est stupide car juste plus compliqué.

    Et il ne s'agit pas d'une simplification des problèmes : s'il y a une solution un problème posé sa complexité dépend de la façon dont le problème a été posé et du cadre théorique pour le résoudre.Tu veux résoudre une équation différentielle par des fonctions sinusoïdales, ça peut être compliqué, mais si on utilise les complexes ou une transformée de Fourier, ça devient plus simple et clair.

    D'autre part il est plus facile de procéder par étapes, sections, approches locales ou approchées que de prendre un problème globalement avant d'en avoir compris la logique et le fonctionnement interne ou de ses parties, donc aussi ces limites et contraintes.

    Par exemple, il vaut mieux prendre le temps de démêler un tas de cordes que de tirer sur toutes les boucles et resserrer les nœuds. Ça permet souvent de voir ces nœuds, les dénouer, simplifier les entrelacs et finalement trouver le bout et le délasser.

    C'est pareil pour les sciences naturelles : avant de s'attaquer à un ensemble, au global, il faut déjà essayer de comprendre des choses plus simples, dans des conditions bien définies donc plus simples, de démêler les liens entre les contraintes, relations, causes et effets, puis, plus tard, revenir sur l'ouvrage et essayer d'élargir le champ d'étude, de généraliser, de relier plusieurs champs d'étude.

    Aujourd'hui dans bien des domaines les scientifiques généralisent, mélanges les champs d'études ou élargissent les conditions. Même les approches changent pour ne pas regarder un objet d'étude de deux façons différentes même en même temps mais considérer qu'il ne s'agit que d'une même façon et tenter de modéliser sous une seule forme.

    • bridget
      Lv 7
      Il y a 1 moisSignaler

      Oui, de plus en plus, les scientifiques mélangent les champs d'étude et c'est une bonne chose je crois. Merci de tes précisions.

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  • Il y a 1 mois

    Oui, c'est exactement ça.

    Je plussoie ta question, tiens, tellement je la trouve bonne :-)

    Il est nécessaire de simplifier la réalité pour pouvoir la modéliser.

    Mais parfois, à trop simplifier on perd le sens réel, et des éléments perturbants

    que l'on écarte (parce que mal gérés) nous reviennent en pleine face,

    quand on approche les limites du cadre dans lequel on s'est mis, justement

    parce qu'ils y prennent un sens très important.

    A donner dans le binaire en philosophie, par exemple, on perd de vue les reliefs de la réalité.

    On édicte des réponses que l'on veut valide une bonne fois pour toute,

    mais c'est par peur ou manque d'humilité : nous devrions toujours y revenir, toujours

    y travailler, car de nouvelles informations peuvent apporter des éclairages nouveaux.

    "Le diable se cache dans les détails". Oui. C'est pourquoi j'ai coutume de dire :

    "C'est donc en s'en souciant, des détails, qu'on l'y débusque !"

  • Il y a 1 mois

    j'ai rien compris.....

  • Il y a 1 mois

    exactement et tout le prouve

  • Il y a 1 mois

    C'est fort possible !

  • Ah bon, bon après midi .

  • Tout à fait d'accord avec ça !

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